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C’est la crise. Autant cesser de vous le cacher. A force, ça devenait même ridicule. Nous nous étions déjà grillés en engageant un quatrième mousquetaire - notre Dartagnan Desbois (qui reste stagiaire à vie, nous nous sommes d’ors et déjà arrangés avec l’administration fiscale). Il est vrai que nous commencions à tourner en rond à trois, les éditos devenaient poussifs à force de toujours charrier les mêmes. Nicolas avait perdu la flamme et il m’insultait avec moins d’aplomb que jadis. Même Vincent avait fini par faire preuve de mansuétude. Nous avions de plus en plus la possibilité de choisir nos films ou de ne pas aller voir ceux qu’il avait mis au programme. Quand on lui disait que Juliette Binoche avait mal joué, il haussait les épaules et soupirait mollement « Mouais, si vous voulez ! ». Bref, ça n’avait plus de sens et nous perdions notre précieux audimat.

Face aux chiffres de fin d’année, nous étions comme Libération à deux doigts de déposer le bilan. Sans mécène pour nous racheter (malgré des propositions peu intéressantes de LVMH), nous avons donc du entièrement changer notre formule. Nous avons tout essayé, tout envisagé (même une émission de radio réalité où nous aurions été enregistrés 24H24) pour finalement opter un programme assez simple, bâti de nombreux débats à deux puis de chroniques individuelles. Ce qui d’un point de vue marketing, commercial, publicitaire, corporatiste si vous voulez, pourrait se traduire par des promesses de « clashs à gogo » et de « critiques uniquement positives ».

Après 83 émissions intransigeantes, Kaboom se devait d’être enfin un pure produit de son temps, c’est à dire « fun » et « pas prise de tête » avec des supers séquences de baston pour alimenter les agrégateurs de contenu et les opinions impensées sur les réseaux sociaux. A titre d’exemple, pour que vous compreniez exactement l’état de nos finances, imaginez que lorsque j’ai voulu emprunté dans la caisse de l’émission pour payer les piles Alcaline de mon micro d’enregistrement, Vincent m’a confié que le coffre était vide et que nous étions endettés pour environ 155 ans. Tout ce que nous avions jadis gagné, accumulé, fait fructifier s’étaient envolés. D’ailleurs, qu’est ce qui pourrait justifier le choix de Vincent d’être parti vivre au Luxembourg. Le pays ? La langue ? L’amour ? Non, sérieusement.

Bref, nous risquons désormais d’avoir de très nombreux et surtout nouveaux auditeurs. Nous avons tout répété, chapeauté au millimètre près dans l’espoir de faire plier de rire les ados, de plaire aux distributeurs, de mettre tout le monde d’accord, de ne froisser personne et surtout de divertir le plus grand nombre. Quant à vous chers auditeurs historiques, adeptes des vrais débats d’échange, faites comme tout le monde : ne vous prenez surtout plus la tête. C’est trop tard.


Frédéric Mercier


Programme :
(sélection du 01/11/2014 au 30/11/2014)

. INTERSTELLAR de Christopher Nolan
. MR. TURNER de Mike Leigh
. UNE NOUVELLE AMIE de François Ozon
. THE SEARCH de Michel Hazanavicius
. EDEN de Mia Hansen-løve
. ASTÉRIX - LE DOMAINE DES DIEUX de Louis Clichy
. QUAND VIENT LA NUIT de Michael R. Roskam
. IN THE FAMILY de Patrick Wang
. '71 de Yann Demange
. WHITE GOD de Kornel Mundruczo
. FAVELAS de Stephen Daldry
. [REC] 4 de Jaume Balaguero
. HUNGER GAMES - LA RÉVOLTE : PARTIE 1 de Francis Lawrence

Rétrospective :
-

Invité :
-

Durée :
02H00


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