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Lecteur non fonctionnel



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Araki, Allen, Cavalier, Dolan, Fincher, Kahn, Sciamma. Le moins que l’on puisse dire est que ce Kaboom est placé sous le saint patronage des auteurs de films. Jadis, La Politique des Auteurs recommandait de savoir apprécier et défendre l’œuvre au complet d’un homme, d’un artiste au prix parfois de certains aveuglements. Comme le disait à peu de choses près Truffaut dont la filmographie entière est à revoir en ce moment à la Cinémathèque Française : le moins bon Renoir vaudra toujours mieux que le meilleur Autant Lara. Ou comme le répète souvent Nicolas : « le moins bon Tarsem vaut mieux que tout le cinéma français ».

Heureusement quand même, le temps est passé depuis : plus personne n’éprouve encore le besoin de prouver qu’un film est la vision, la réalisation, d’un maitre d’œuvre. Tout le monde semble d’accord là dessus à tel point que le terme d’auteur est inscrit désormais dans notre ADN. Impossible de penser un plan sans citer son réalisateur, sans s’intéresser à ses films passés et à ses projets futurs. Parfois on pourrait même avoir l’impression que n’importe qui est devenu « auteur » à partir du moment où il est parvenu à prendre une caméra, à l’activer et à diffuser le contenu de son enregistrement sur Internet. Regardez les goûts de Vincent Quénault et constater des dégâts dus à La Politique des Auteurs.

Mais loin de ces questions (au fond pas très fécondes) sur ce que pourrait désigner exactement aujourd’hui l’appellation « d’auteur », subsiste aussi de cette Politique ce qu’elle aura engendré de meilleur, de plus fécond et surtout de plus amusant : la mauvaise foi. Sans mauvaise foi, qui serait Nicolas Kunc ? Qui serai je ? Qui serait aussi Rebecca Zlotowski pour certains critiques ? Sans mauvaise foi, Terrence Malick pourrait-il s’enorgueillir dans les dîners mondains d’avoir déjà obtenu deux Kabooms d’Or ? Sans elle, comment pourrait-il déjà savoir qu’il obtiendra la même récompense pour chacun de ses futurs films ?

Sans elle, peut-être Erwan Desbois n’aurait-il jamais pu être invité à nous rejoindre pour votre et notre plus grand plaisir. Il nous fallait un habile politicien supplémentaire pour rendre notre polyphonie encore un tantinet plus discordante, productive et sympathique. À votre tour, allez sur la page de notre site et regardez la manière dont vous allez méticuleusement choisir le chapitre de l’émission qui vous intéresse, en fonction de l’auteur traité. Et écoutez comme vous apprécierez certains d’entre nous en fonction de la façon dont ils défendront ou pas l’auteur que vous aimez ou non. On néglige souvent cette dimension de la critique : le lecteur ou l’auditeur ne veut pas être contredit, stimulé ou aiguillé. Il cherche parfois tout simplement à savoir qu’il n’est pas seul dans l’univers à adorer quelqu’un même si son dernier film est raté. Reconnaître dans l’autre un semblable amoureux pour une tierce personne. Bref, sans mauvaise foi, pas de Kaboom.


Frédéric Mercier


Programme :
(sélection du 08/10/2014 au 04/11/2014)

. MOMMY de Xavier Dolan (Ecouter)
. SAMBA de Olivier Nakache et Eric Toledano (Ecouter)
. GONE GIRL de David Fincher (Ecouter)
. BANDE DE FILLES de Céline Sciamma (Ecouter)
. FURY de David Ayer (Ecouter)
. WHITE BIRD de Gregg Araki (Ecouter)
. MAGIC IN THE MOONLIGHT de Woody Allen (Ecouter)
. VIE SAUVAGE de Cédric Kahn (Ecouter)
. LE PARADIS de Alain Cavalier (Ecouter)

Rétrospective :
-

Invité :
-

Durée :
02H00


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